Why Fascism Is on the Rise in France:From Macron to Le Pen, London/New York, Verso Books, août 2025.
Recent polls have indicated for the first time that a far-right candidate could win the French presidential election in 2027. Reactionary and racist ideologues increasingly sully the French media. Assaults by fascist groups are on the rise as they grow in size and confidence. How did this happen in a country once so proud of its revolutionary past?
Writer and academic Ugo Palheta shows that the fascist threat is rooted in the triple radicalization – neoliberal, authoritarian and racist – of the French ruling class. Unable to win majority support for the self-interested policies represented by Emmanuel Macron, this class has sought support by adopting more radical right-wing positions. Palheta argues for a renaissance of anti-fascism to inspire resistance to the far right and the triple threat encouraging its rise.
Why Fascism Is on the Rise in France has repositioned the question of fascism to place it at the centre of intellectual debate in France.
La Nouvelle Internationale fasciste (2e édition augmentée), Paris, Textuel, juin 2025.
Trump, Poutine, Le Pen, Orbán, Netanyahou, Meloni, Milei ou Modi… Une nouvelle internationale fasciste se déploie avec force. Aussi ultranationalistes soient-elles, leurs figures se répondent, leurs stratégies et leurs théories circulent, diffusant le poison d’une internationale de la haine.
Dans cette nouvelle édition augmentée, Ugo Palheta décrypte les logiques globales d’un néofascisme porté par l’obsession identitaire, la haine de l’égalité et le culte de l’ordre. Il analyse les alliances transnationales, le rôle des mécènes – États, élites économiques –, l’essor des idéologies masculinistes et conspirationnistes, et les forces d’attraction de ce projet autoritaire.
Ugo Palheta n’en reste pas pour autant à ce constat glaçant et souligne combien une autre dynamique internationale émerge : celle des résistances. Dans cette course de vitesse, il s’agit de comprendre pour résister.
Comment le fascisme gagne la France. De Macron à Le Pen, Paris, La Découverte, mai 2025.
RN aux portes du pouvoir, répression violente des mouvements populaires, politiques racistes et anti-immigrés, offensive réactionnaire contre les droits des femmes et des minorités, diabolisation de la gauche d’émancipation, omniprésence de l’extrême droite et de ses obsessions dans les médias, complicités actives des appareils » républicains « , de droite comme de gauche, islamophobie généralisée, etc. L’énumération signale une dynamique mortifère que le règne de Macron a largement amplifiée et qu’il nous faut affronter. Plusieurs questions nous taraudent : de quoi ces symptômes morbides sont-ils le nom ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Et comment conjurer le désastre annoncé ?
Ugo Palheta avance l’hypothèse que nous vivons la renaissance – sous de nouvelles formes – du fascisme, conçu comme une potentialité inhérente au capitalisme. Refusant le morcellement académique des approches, il se propose d’articuler l’analyse par en haut du champ politique et l’étude par en bas des électeurs d’extrême droite, de penser ensemble les politiques néolibérales et le racisme systémique, de prendre au sérieux aussi bien la montée de l’autoritarisme d’État que la progression électorale du RN, tout en avançant quelques pistes pour vaincre ce dernier.
Extrême droite : la résistible ascension (coord.), Paris, Éditions Amsterdam, 2024.
Les progrès électoraux de l’extrême droite ces trente dernières années ont installé l’idée de son arrivée inéluctable et imminente au pouvoir. Cette idée a trop souvent permis au personnel politique et médiatique de s’exonérer de l’analyse des causes profondes et de l’alternative à y opposer.
Cet ouvrage, coordonné par le sociologue Ugo Palheta, propose au contraire de comprendre, à l’aide des travaux les plus récents en sciences sociales, la façon dont la route a été pavée à l’extrême droite. Quelles dynamiques sociales ont poussé une partie croissante des élites et certaines fractions des classes populaires à se ranger derrière elle ? Par quels médias et sous quelles formes ont été imposés les discours racistes, sexistes et LGBTI-phobes qui portent l’extrême-droitisation ? Quels réseaux ont appuyé et conforté ce glissement ?
De la préface de l’historien Johann Chapoutot à la postface de Clémence Guetté, co-présidente de l’Institut La Boétie, il s’agit ici d’opposer à la fatalité une analyse précise des forces, mais aussi des failles, de l’extrême droite. Donc de montrer que cette ascension est plus résistible qu’il n’y paraît.
Découvrir la révolution des œillets. Portugal (1974-1975), Paris, Éditions sociales, 2024.
La révolution des Œillets semble faire l’objet d’un consensus : le 25 avril 1974, jour où tomba enfin au Portugal la plus vieille dictature fasciste du monde, est une date qu’on célèbre. 48 ans d’oppression balayés en 24 heures, quasiment sans coups de feu. Le mythe est beau – celui de ces soldats communiant avec un peuple avide de changement – mais l’histoire est plus tortueuse et plus riche. Car le 25 avril resté dans les mémoires ouvre sur un épisode historique en partie oublié : une séquence de 19 mois d’effervescence populaire où tout semble possible. Ce « Découvrir la révolution des Œillets » permettra d’apporter quelques clés de compréhension de ce qui demeure la dernière révolution sociale sur le continent européen.
La Nouvelle Internationale fasciste, Paris, Textuel, 2022.
Comment le poison se diffuse à l’échelle mondiale.
Le Pen, Trump, Poutine, Bolsonaro, Modi… Il y eut une internationale brune dans l’entre-deux-guerres ; voici une nouvelle internationale fasciste qui émerge. Ugo Palheta, qui s’affirme comme l’un des meilleurs spécialistes du fascisme contemporain, met à jour la terrible mécanique mondiale à l’œuvre.
Car aussi nationalistes soient-elles, les extrêmes droites contemporaines s’organisent à l’échelle internationale. Leurs mots, leurs idées et leurs stratégies circulent d’un pays à un autre. Chaque force montante cherche à tirer parti du prestige obtenu par d’autres. Certains pays comme la Hongrie, ou la Russie jouent le rôle de modèle et parfois de mécènes.
Ugo Palheta décortique les ingrédients qui transcendent les frontières, portés par l’obsession identitaire, la réaction patriarcale et la haine de l’égalité. Il montre comment les extrêmes droites sont parvenues à populariser un projet politique : purger la nation pour la régénérer, en extirpant les ennemis et en châtiant les traîtres.
L’auteur n’en reste pas cependant à ce constat glaçant, car un nouvel internationalisme se déploie au cœur des luttes contemporaines, porteur d’un antifascisme du XXIe siècle.
Défaire le racisme, affronter le fascisme (avec Omar Slaouti), Paris, La Dispute, 2022.
Entretiens réalisés par Alexis Cukier, Pauline Delage et Aurore Koechlin.
Face au racisme d’État, à la possibilité du fascisme, à l’autoritarisme du gouvernement et à l’accélération des réformes néolibérales, il est urgent de rendre accessible au plus grand nombre les expériences et les outils, académiques et militants, issus des luttes sociales antiracistes et antifascistes. Alors que le racisme structure les débats et les programmes politiques en France, quelles leçons du passé et de la situation internationale , quelles analyses sociales et politiques peuvent nous permettre de penser et d’agir, dès aujourd’hui, pour l’égalité et la dignité ?
Dans ce livre d’entretiens, Ugo Palheta, sociologue, militant anticapitaliste et auteur de La possibilité du fascisme, et Omar Slaouti, conseiller municipal à Argenteuil, militant antiraciste et coauteur de Racismes de France, examinent la situation, présentent les initiatives et les organisations antiracistes et antifascistes et clarifient les définitions. De nombreux concepts (autoritarisme, fascisation, hégémonie, islamophobie, néolibéralisme, racisme structurel, etc.) sont expliqués de manière simple et concrète, à partir de nombreux exemples historiques de France et d’ailleurs. Sur cette base, les auteurs proposent des actions pour défaire le racisme, affronter le fascisme et ouvrir ainsi la voie de prochaines victoires sociales et politiques.
Face à la menace fasciste. Sortir de l’autoritarisme (avec Ludivine Bantigny), Paris, Textuel, 2021.
Un sentiment de basculement, c’est ce que nous éprouvons face au durcissement autoritaire actuel. De la répression des gilets jaunes à la brutalité des contre-réformes, en passant par les lois « Sécurité globale » et « Séparatisme », le macronisme constitue une accélération historique. Ce n’est pas le fascisme qui, quant à lui, élimine méthodiquement ses opposants. Pas encore. Mais le fascisme est toujours préparé par une période chaotique et incertaine de fascisation. Il ne s’agit pas seulement ici pour Ludivine Bantigny et Ugo Palheta d’en faire le constat, mais d’ouvrir des pistes pour affronter la menace.
La possibilité du fascisme. France, la trajectoire du désastre, Paris, La Découverte, 2018.
Scores inégalés du Front national à toutes les élections depuis 2012 ; radicalisation identitaire de la droite ; mouvement réactionnaire de masse contre l’égalité des droits et les programmes éducatifs promouvant l’égalité de genre ; migrants systématiquement traqués et matraqués par la police (sur les ordres des gouvernements successifs), quand ils ne sont pas enlevés, tabassés et laissés pour morts par des milices à Calais ; multiplication des attaques physiques par des groupuscules d’extrême droite ; harcèlement public de personnalités musulmanes et de militants antiracistes ; intensification du quadrillage répressif des quartiers populaires et impunité des violences policières ; manifestations interdites et criminalisation croissante de toute contestation.
Sous des formes disparates et encore embryonnaires, mais dont la seule énumération dit la sclérose de la politique à l’âge néolibéral, c’est le fascisme qui fait retour et s’annonce, non comme une hypothèse abstraite mais comme une possibilité concrète. Pourtant, la possibilité du fascisme est généralement balayée d’un revers de main par les commentateurs : comment la République française, patrie autoproclamée des droits de l’homme, pourrait-elle engendrer le monstre fasciste ? La France ne s’est-elle pas montrée « allergique » au fascisme tout au long du XXe siècle, comme le prétendent certains historiens français ? Le Front national n’a-t-il pas renoncé au projet ultra-nationaliste, raciste et autoritaire qui le caractérisait depuis sa création ? N’est-il pas en crise suite à sa défaite au second tour de l’élection présidentielle ? N’assiste-t-on pas au renouveau du capitalisme français sous les auspices d’un jeune président réalisant enfin les « réformes » prétendument nécessaires ?
C’est à démonter ces fausses évidences que s’attache ce livre, scrutant ainsi la trajectoire d’un désastre possible, enraciné dans la triple offensive – néolibérale, autoritaire et raciste – dont Emmanuel Macron est la parfaite incarnation, mais résistible, pour peu que le danger soit reconnu à temps. Ceci n’est donc pas (seulement) un livre sur l’extrême droite. S’il faut prendre au sérieux cette dernière, il importe tout autant de replacer sa résurrection et son renforcement dans le processus historique de radicalisation de la classe dirigeante française dans son ensemble. Produit et productrice d’une interminable crise politique, cette radicalisation a favorisé l’ascension d’un fascisme d’un genre nouveau, qui s’incarne actuellement sous les traits du Front national sans pour autant s’y réduire. Ainsi plaiderons-nous en conclusion de cet ouvrage pour l’affirmation d’un antifascisme menant de front le combat contre ce néofascisme en gestation, et contre la triple offensive qui en favorise l’ascension.
Stratégie et parti (avec Daniel Bensaïd et Julien Salingue), Paris, Les Prairies ordinaires, 2016.
Dans la brochure Stratégie et parti, écrite en 1986, Daniel Bensaïd se proposait de faire le bilan d’un siècle d’expériences révolutionnaires, dans une période marquée par un fort recul du mouvement ouvrier et où la perspective d’une crise révolutionnaire semblait de plus en plus lointaine. Analysant les grandes oppositions qui ont structuré la pensée stratégique des mouvements socialiste et communiste depuis la révolution de 1848, il cernait au plus près les différents moments et contextes dans lesquels les révolutionnaires ont mis leurs hypothèses à l’épreuve de la réalité.
À l’heure où l’on voit réapparaître à gauche des débats sur la démocratie (représentative ou directe ?), l’organisation (la forme parti est-elle dépassée ?) et la stratégie (faut-il construire une alternative en marge de l’État ou bien travailler à conquérir le pouvoir politique ?), il nous semblait nécessaire de rendre enfin disponible ce petit ouvrage. Ugo Palheta et Julien Salingue ont rédigé pour cette occasion un long texte introductif, qui revient sur la place de la stratégie dans la pensée de Bensaïd, ainsi qu’une postface dans laquelle ils développent une analyse de la situation politique en France et esquissent des pistes pour la gauche radicale contemporaine.
La domination scolaire. Sociologie de l’enseignement professionnel et de son public, Paris, PUF, « Le lien social », 2012.
Le système éducatif a connu des transformations très profondes ces trente dernières années, en lien notamment avec les politiques visant à mener 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat mais aussi avec les transformations du système productif. Les promesses de démocratisation scolaire ont fait long feu. Non seulement la majorité des enfants appartenant aux classes populaires continue d’être orientée, au sortir du collège, vers l’enseignement professionnel, mais ces réformes n’ont en rien remis en cause la division entre filières générales et professionnelles, renforçant au contraire la domination symbolique des premières sur les secondes.
L’enseignement professionnel constitue ainsi un cas privilégié pour étudier l’évolution de l’emprise des hiérarchies scolaires, ainsi que les modalités selon lesquelles les jeunes d’origine populaire s’approprient leurs destins scolaires et sociaux. Comment s’opèrent leur orientation scolaire et leur socialisation aux rôles subalternes qu’ils seront amenés à jouer dans la division sociale du travail ? Comment s’y prennent-ils pour aménager leur condition présente ? Quels clivages internes aux classes populaires l’étude de l’enseignement professionnel permet-elle de révéler ?
Pour aller plus loin, vous trouverez en cliquant ici un extrait de l’introduction de l’ouvrage. Voir également un compte-rendu de La domination scolaire par Christian Baudelot.










